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Autriche : La procédure de détermination précoce permet de répondre aux préoccupations de temps et de coût dans l'arbitrage international

Publications: février 08, 2021

Introduction

Si l'arbitrage est depuis longtemps considéré comme l'un des moyens les plus efficaces de résolution des litiges commerciaux, il tend également à être plus coûteux que d'autres procédures de règlement extrajudiciaire des litiges. Néanmoins, étant l'un des mécanismes de résolution des litiges les plus flexibles et les plus adaptables, l'arbitrage continue d'être le choix préféré des entités et des individus qui décident de renoncer aux pratiques judiciaires traditionnelles pour régler leurs litiges.

Dans l'intérêt de la flexibilité, les procédures sommaires, également connues sous le nom de procédure de détermination anticipée (" EDP "), ont trouvé une application considérable dans l'arbitrage commercial, tout en bénéficiant d'un regain d'attention depuis leur inclusion dans le nouveau Règlement 2020 de la LCIA[1].

Origine et évolution de la PDE dans l'arbitrage international

La procédure sommaire (Summary procedure ou EDP) trouve son origine dans les systèmes juridiques de common law, selon lesquels une décision est rendue sur une demande ou une défense au sujet de laquelle il n'existe pas de véritable question de fait matériel et sur laquelle le demandeur est en droit d'obtenir gain de cause[2] En d'autres termes, si une demande ou une défense n'est pas fondée, la Cour peut la rejeter sommairement sans procès complet.

En 2006, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a été la première institution à introduire l'EDP par le biais de la règle 41(5) du CIRDI. Cette disposition visait à trouver un équilibre entre le gain de temps et la préservation du droit du demandeur à une procédure régulière.

Le Centre d'arbitrage international de Singapour (SIAC) a été la deuxième institution d'arbitrage et la première institution d'arbitrage commercial à adopter la procédure électronique de règlement des différends. En vertu de la règle 29[3] du règlement de la SIAC de 2016, une partie peut, au plus tard 30 jours après la constitution du tribunal arbitral, demander à ce dernier le rejet anticipé d'une affaire qui est

(a) manifestement sans fondement juridique ; ou

(b) manifestement en dehors de la compétence du tribunal.

Une fois qu'une demande au titre de l'article 29 est déposée, le tribunal doit permettre aux parties d'être entendues et rendre une ordonnance ou une sentence motivée dans les 60 jours suivant la demande.

La Chambre de commerce de Stockholm (CCS) a été l'institution suivante à adopter l'EDP dans la version 2017 de son règlement. Conformément à l'article 39 de ce règlement, le tribunal arbitral, à la demande de l'une ou l'autre des parties, est compétent pour statuer sommairement sur des questions spécifiques de fait ou de droit. La procédure d'urgence prévue par le règlement de la CSC ne prévoit pas d'évaluation détaillée des faits de l'affaire. Au contraire, la procédure vise à donner aux parties la possibilité d'isoler et d'agréger des questions particulières de fait ou de droit et de disposer de l'affaire en les soumettant séparément aux tribunaux arbitraux à tout moment de la procédure.

Le 30 octobre 2017, la CCI a publié une note de pratique établissant que l'article 22 du règlement de la CCI traitait intrinsèquement de l'EDP. La note de pratique précise qu'une demande d'EDP doit être faite "aussi rapidement que possible" et que le tribunal arbitral doit consulter les parties sur la procédure appropriée pour statuer sur la demande.

Plus récemment, les règles de la Cour d'arbitrage international de Londres (LCIA), qui sont entrées en vigueur le 1er octobre 2020 par le biais de l'article 22.1(viii), ont inclus la PDE dans les arbitrages administrés par la LCIA. Toutefois, contrairement aux règles de la SIAC, les nouvelles dispositions des règles de la LCIA de 2020 sont moins détaillées et donnent simplement aux tribunaux arbitraux la compétence d'examiner chaque demande.

Le pouvoir inhérent du tribunal d'ordonner l'EDP

Le nouvel ajout au règlement de la LCIA soulève la question de savoir si les dispositions de l'un ou l'autre des règlements institutionnels sont effectivement nécessaires. Par exemple, le règlement de la CCI ne prévoit toujours pas explicitement de dispositions relatives à l'informatique dans les règles institutionnelles. Néanmoins, il reconnaît le pouvoir inhérent du tribunal de se dessaisir sommairement d'une affaire dans sa note pratique du 30 octobre 2017, ce qui a également été confirmé par la Haute Cour anglaise dans l'affaire Travis Coal v. Essar Global[4].

Bien que les tribunaux puissent avoir le pouvoir inhérent de rejeter sommairement une demande sans fondement, ces pouvoirs sont spécifiés dans les règles institutionnelles en raison de la réticence des tribunaux à les exercer. Cette hésitation découle des objections relatives à la régularité de la procédure qu'une autre partie pourrait soulever et qui, à leur tour, affecteraient le caractère exécutoire de la sentence - un fait qui a été soulevé dans l'affaire Travis Coal susmentionnée, mais qui a été rejeté par le tribunal.

En énonçant explicitement les pouvoirs des tribunaux en matière d'application de la PDE, les institutions tentent d'éviter ce problème de respect des droits de la défense.

Conclusion

En s'attaquant à la question des coûts et du temps, la procédure informatique contribuera grandement à préserver l'efficacité et la pertinence de l'arbitrage. Cela dit, étant donné qu'une sentence rendue dans le cadre de l'EDP n'a pas encore été dûment exécutée, l'impact de cette nouvelle disposition reste à voir.

Ressources

  1. Règlement LCIA 2020, art 22.1(viii).
  2. SUMMARY DETERMINATION, Black's Law Dictionary (11th ed. 2019).
  3. La Règle 29 des Règles SIAC prévoit - la base de l'EDP (Règle 29.1), le contenu de la demande (Règle 29.2), les mesures à prendre par le tribunal avant de statuer sur une demande d'EDP (Règle 29.3), le contenu de la décision EDP et le délai pour rendre cette décision (Règle 29.4).
  4. Numéro de dossier [2014] EWHC 2510 (Comm).

Le contenu de cet article est destiné à fournir un guide général sur le sujet. Il convient de demander l'avis d'un spécialiste sur votre situation particulière.